dimanche 6 mai 2007

La mine de Saint-Etiennne

J'étais à Saint-Etienne à l'occasion d'une biennale de design à laquelle mon école avait participé, et l'exposition avait lieu dans différents endroits de la ville, et notamment le musée de la mine (désaffectée). C'était assez loin à pied, et par conséquent, j'y suis allée seule. C'était en fin d'après midi, et la nuit commençait à tomber. J'ai traversé le quartier "ouvrier" pour y accèder, et les rues étaient presque désertes de promeneurs.

Déjà, au premier abord, avec les couleurs du ciel, la vue est assez saisissante.



La partie "biennale" était une exposition photo, dans un des bâtiments de la mine.




Déjà impressionnée par l'histoire de ces locaux qui vous saute en pleine tronche, je décide de faire un tour pour explorer le reste des endroits accessibles. Quand je me retrouve face à ce panneau.


Vue l'ambiance de tombée du jour, l'absence de toute population, et le fait que je suis seule, j'ai un moment d'hésitation. La salle des pendus, ça ne me dit rien qui vaille. En même temps, c'est peut être fermé, ça ne coûte rien d'aller jeter un oeil...


En haut de ces escaliers, je trouve la porte ouverte. J'entre, et à ma droite, la fameuse salle qui ne me disait rien qui vaille...



J'ai un sursaut d'horreur. Entre nous, je ne savais pas à quoi m'attendre, mais ça, c'était à mille lieues de ce que j'imaginais. Du coup je me barre en courant, et là j'entends des voix.
C'était le groupe qui venait de faire la visite guidée. Trop d'émotion, j'ai besoin d'air. Je suis le groupe qui sort. J'attrape le guide pour lui demander s'il y a d'autres visites, et non, c'était la dernière. Je lui parle des pendus. Il m'explique que les visiteurs ont baptisée ainsi la salle après la fermeture de la mine. C'est en fait l'endroit qui permettait aux mineurs de faire sécher leur équipement à la fin de la journée. On accroche le tout, et en tirant sur une petite chaînette, ça le fait monter. Bon.
Sans être guidée, je peux visiter seule une partie de l'usine, elle reste encore ouverte une heure ou deux.
Que faire? J'ai vraiment les pétoches. Mais je ne peux pas passer à côté d'une reportage photo aussi intéressant. J'y retourne.





Les fameuses chaînettes de la salle des pendus, dans laquelle j'ai réussi à entrer, faisant abstraction de ces corps sans consistance au-dessus de ma tête.


La lampisterie.





Ca se sont les casques pour les visiteurs, pour une partie du "musée" à laquelle on accède avec le guide.


...et la salle des machines.







Mes piles ont rendu l'âme après ça, mais de toute manière, il n'y avait pas d'autre salle d'ouverte.
Lorsque je suis sortie, il faisait nuit, et j'ai senti un poids me quitter, et une envie folle d'en parler. Le fait d'avoir fait ça seule, en permanence sur le qui-vive, morte de trouille, c'était si prenant.
Je pense que j'y retournerai un jour pour faire le reste de la visite, mais je sens bien que jamais plus je ne ressentirai à ce degré le poids de l'histoire de cet endroit.

samedi 5 mai 2007

L'atelier d'Arts d'Herblay

Il y a des endroits magiques, comme ça, où le temps semble s'être arrêté. "L'atelier est dans un préfabriqué", mais les préfabriqués d'il y a 30 ans, on ne les imagine pas...

L'estrade du modèle, éclairé de trois spots rouge, vert et jaune. "Ici, c'est pas vraiment très clean, mais s'il y a un endroit que l'on prend toujours soin de nettoyer, c'est l'estrade". Quelle jolie attention. Avec ces carrés de moquette verte, et l'éclairage feutré, on croirait poser sur une table de billard.




Un paravent pour faire un petit couloir d'entrée... et de sortie.


La cabine du modèle, improvisée avec un dessus de lit orange à franges.



Les fenêtres ont été condamnées, et la moquette qui recouvre les murs se grise de poussière au fil des ans.


"Messieurs les artistes, que votre liberté soit propre S.V.P. Herblay le 6 février 1978"


Hommage au fondateur de l'atelier: un dessin de lui, soigneusement mis sous verre.


Les "balcons", pour avoir une vue en plongée. Ingénieux système, on devrait y penser plus souvent.



"-C'est lui, le fondateur, non? -Oui, en effet. Il se baladait à poil dans la rue en plein hiver. Il laissait son chauffage cassé trainer au fond du jardin, et il fallait aller ouvrir l'eau a chaque fois qu'on voulait se laver les mains. C'était un original."
Sacré pépé.


Le plafond et les fameux spots. Ce qui pend à droite, c'est un thermomètre IBM. J'ai eu le temps de l'observer. Ca occupe.



Si cette bande de papis et mamies n'avait pas été adorable, je crois que l'endroit aurait vite tourné au glauque. Mais cette pièce de 25m2 avait quelque chose d'intime, avec sa poussière, ses vieux posters, son vieux mobilier, ses toilettes à la turcque "à gauche en sortant". C'était vraiment charmant. Et chaleureux.